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Publié le 5 août 2026
Un jour, une leader que j'accompagnais en coaching m'a regardée droit dans les yeux et m'a demandé, sans détour : « De quel côté es-tu, vraiment? »
J'aurais pu lui servir la réponse toute faite. Celle qui dit que les RH servent également toutes les parties prenantes, qu'elles sont les alliées de tout le monde. Mais je lui ai dit la vérité. Pas vraiment. Et voici pourquoi ça compte plus qu'on pourrait le penser.
Les professionnels RH sont des employés de l'entreprise, un point c'est tout. On est embauchés par l'entreprise, on relève de l'entreprise, et notre performance est évaluée selon la qualité du service qu'on rend à l'entreprise. Ce n'est pas un secret honteux. C'est le mandat. Selon le rapport « Bridging the HR Gap » de SurveyMonkey (2026), la plupart des employés le sentent déjà. Soixante et onze pour cent disent faire confiance aux RH, mais ils continuent de percevoir les RH comme étant plus alignées sur l'employeur que sur eux. Ils n'ont pas tort.
Mais ce n'est que la moitié du portrait.
Quiconque a passé du temps réel dans ce métier sait qu'il y a aussi un poids moral qui vient avec. On s'assoit devant quelqu'un qui traverse un divorce, un problème de santé, une mise à pied qu'il n'a pas vue venir, et on porte ça. On sait qu'un gestionnaire maltraite son équipe bien avant que ça ressorte dans une entrevue de départ. On tient, sincèrement, à ce que les gens soient traités équitablement, payés équitablement, et qu'ils aient une vraie chance.
Alors les RH vivent dans une tension permanente. Défenseur de l'employeur et défenseur de l'employé, en même temps, tous les jours. Quiconque prétend que cette tension se règle proprement n'a pas fait ce métier assez longtemps.
Voici où je pense que la profession est mal comprise, autant par les employés que par les RH elles-mêmes. Trop de gens tombent dans le rôle de gardien de l'ordre. Celui qui se pointe seulement quand quelque chose a mal tourné, qui remet la politique en main, qui referme le dossier, puis qui disparaît jusqu'au prochain enjeu.
Ce n'est pas ce que les RH sont censées être. Au meilleur d'elles-mêmes, les RH sont une partenaire stratégique d'affaires. Quelqu'un qui comprend l'entreprise assez bien pour être dans la pièce où les décisions se prennent, pas seulement dans celle où elles sont annoncées après coup. Quelqu'un qui peut regarder une restructuration, un vide de leadership, un enjeu de rétention, et y apporter un jugement réel, pas juste un processus.
Une bonne partenaire d'affaires RH gagne la confiance des leaders parce qu'elle comprend les chiffres, la stratégie, et la pression sous laquelle les leaders travaillent. Et elle gagne la confiance des employés parce qu'elle ne disparaît pas dès que ça devient inconfortable. Cette combinaison, la maîtrise des affaires et un souci sincère des gens, est rare. C'est aussi tout le mandat, qu'il soit écrit comme ça ou non.
Si vous êtes employé, comprenez ceci. Les RH ne sont pas votre avocate personnelle, mais elles ne sont pas votre ennemie non plus. Quand vous apportez quelque chose aux RH, surtout comme leader, vous avez bien plus de chances d'obtenir une aide réelle si vous comprenez ce que les RH peuvent et ne peuvent pas faire pour vous, et si vous arrivez avec le contexte d'affaires, pas juste la plainte.
Les RH peuvent devenir une des relations les plus précieuses de votre carrière. Je l'ai vu changer des trajectoires, protéger des gens dans des moments difficiles, et ouvrir des portes qui ne se seraient pas ouvertes autrement. Mais ça fonctionne mieux quand on voit les RH clairement, pas comme un arbitre neutre, pas comme l'ennemi, mais comme une partenaire avec de vraies contraintes et une vraie conscience, qui fait de son mieux pour tenir les deux en même temps.
Voilà la réponse honnête. Pas vraiment de votre côté. Mais pas contre vous non plus. Et comprendre la différence, c'est là que commence la vraie valeur.
Heidi Klotz est coach en leadership et DGRH fractionnelle, basée à Montréal, au Québec. Elle est coach professionnelle certifiée centrée sur les objectifs (Université Concordia) et détient les titres CRHA, SHRM-SCP, CCP et GRP. Avant de fonder Heidi Klotz Coaching & Leadership, elle a occupé pendant plus de 20 ans des postes de direction en ressources humaines chez Merck, Bristol-Myers Squibb, Mattel, Ardene et AtkinsRéalis, où elle était vice-présidente, Rémunération globale. Elle offre du coaching en ligne, en français et en anglais.